Dépôts des candidatures: Quelques réactions.

 

La CENI en RDC a clôturé ce 8 août le programme du dépôt des candidatures aux députations provinciale, nationale, et présidentielle, mais le bilan de participation féminine est malheureusement mitigé.

Le site de Debout Congolaises rapporte que moins de 10% des femmes se sont présentées à la députation provinciale. L’on se pose la question de savoir ce qui a été à la base de cette faible représentativité malgré les efforts fournis  pour l’amélioration du statut politique de la femme congolaise. Quelques femmes politiques nous partagent ici leurs expériences.

“Les regroupements politiques et la CENI ne nous ont pas facilité la tâche.”

Observatoire de la parité rapporte que seules 117 femmes sur 1139 hommes ont été alignées pour déposer leurs candidatures. Pour beaucoup d'entre elles les listes de candidats par regroupement politique ne leur ont pas permis d’être alignées. Pour rappel, la plupart des partis politiques se sont rassemblés en regroupement politique et ont soumis des listes communes. De ce fait, certaines dont les noms figuraient sur les listes de leurs partis se sont vues déclassées à la dernière minute par le regroupement politique.

“J’ai comme l’impression qu’on m’a détournée de mes objectifs”, nous dit Annie Mahamba présidente urbaine du mouvement des réformateurs libéraux (MRL) au sein du regroupement Alliance pour l'Action Citoyenne (AAC) “depuis plus de 3 ans, je me prépare à représenter ma ville de Goma à la députation provinciale, [...] J’étais étonnée quelques jours avant le dépôt des candidatures de recevoir un message du parti m’annonçant que le regroupement n’avait pas prévu de place pour moi [sur les listes], la seule place disponible était de suppléer un candidat du regroupement [...] C’était un choc de l’apprendre, j’avais envie de me désister.”

Dans la même veine Rebecca Malimutoto a vu sa candidature à la députation nationale être rejetée à la dernière minute, après avoir été choisi le mois précédent par le regroupement pour représenter son parti politique. “J’étais déjà psychologiquement préparée. Mais à la dernière minute on m'a demandé de céder ma place en faveur d’autre, et de me presenter aux provinciales, et de représenter une circonscription pour laquelle je n’étais pas préparée.”

"Nous n’avons pas pu déposer notre candidature le 8 août, à la clôture du dépôt des candidatures pour une raison principale dont un blocage bancaire. La CENI bien que prévenue de ce problème ne nous a pas permis de le faire le lendemain matin. En toute légalisation le 9 juillet, nous avons tenté de présenter à la CENI notre recours mais sans succès alors que des dossiers incomplets ont été déposés à la CENI par d’autres candidats. Il y a eu deux poids 2 mesures!” Affirme Angèle Makombo aspirante à la présidentielle dont la candidature a été rejetée par la CENI.

Neema Bikaylwira, Devant le camion de la CENI après le dépôt de sa candidature.

Neema Bikaylwira, Devant le camion de la CENI après le dépôt de sa candidature.

Les raisons de ces rejets

Neema Bikaylwira, membre de Fempo et candidate (alignée) à la députation nationale, nous révèle que malgré les plaintes des femmes qui se sont préparées, pour certaines, il était question de leurs compétences et de l’inefficacité de leur base. Mais dans la plupart des cas les difficultés se sont située dans les listes des regroupements politiques qui ne croient pas au potentiel electoral des femmes, et de ce fait en ont aligné moins.

À croire qu'à leurs yeux, celles-ci ne présentaient pas autant de chances de victoire pour les élections prochaines, mais cette perspective aurait-elle été différente avec plus de femmes à la tête de ces partis et regroupements?

 
Edher Numbi